Le son des tambours

•12 janvier 2014 • Laisser un commentaire

C’est une étrange clairière pour mener une bataille
Toute de blanc vêtue, comme au cœur de l’hiver,
Et l’armée qui l’arpente craint fort les représailles
D’un ennemi effroyable qui ne craint nul calvaire.

Mais le son des tambours toujours les accompagne
Rien de tel que ses airs pour mener une campagne :
Car lorsque manque l’espoir, il lui redonne ardeur,
Son rythme régulier entraîne ainsi leurs cœurs.

Chevaliers, fantassins et enfin les archers,
Tous montent au combat avec le même espoir
Dire adieu à la guerre, faire revenir la paix,
Rentrer enfin chez eux, accomplir leur devoir.

Et le son des tambours toujours les accompagne
Rien de tel que ses airs pour mener une campagne :
Car lorsque manque l’espoir, il lui redonne ardeur,
Son rythme régulier entraîne ainsi leurs cœurs.

Un roi connu de tous pour ses nombreux exploits
Mène d’une main de fer ce combat implacable
Arracher la victoire, en sera-t-il capable ?
Il réfléchit longtemps pour faire les meilleurs choix.

Mais le son des tambours, peu à peu, s’affaibli
Et au lever du jour, une main tombe du lit
Car ce son de tambour dont l’air était empli
Était le bruit d’un cœur s’accrochant à la vie.

Tu étais là ce matin

•12 janvier 2014 • Laisser un commentaire

Tu étais là ce matin, l’air de rien, accompagnant ton mari. Et tu étais si belle malgré ton grand âge et les traces laissées par le temps sur ton visage. 
C’était ton époux, le concerné, mais tu parlais pour lui. 
C’était lui qui était en rechute, et pourtant c’était toi qui avais peur.
C’était sa consultation mais il n’a pas pu dire un mot. 
Loin de s’en offusquer, il acquiesçait chacune de tes paroles avant même qu’elle ne soit prononcée, avec un sourire timide et si doux. 
Et il te dévorait d’un regard attendri et protecteur.
Vous étiez si beaux tous les deux.

Tu étais là hier, avec tes menaces et ton air si dédaigneux. Avec tes craintes et tes angoisses. 
Tu me prenais de si haut et je me sentais si petite.
Si seule.

Tu étais là, toi aussi, il y a peu. Je me rappelle si bien de toi alors que tu ne te rappelles même pas m’avoir un jour rencontrée. Peut-être même es-tu déjà morte.
Je n’en sais rien et quelque part je n’ai pas envie de le savoir. 
Peut-être même qu’en réalité je sais et préfère prétendre le contraire.
Qu’importe.
Je préfère garder de toi ce souvenir d’un des derniers jours où nous nous sommes vues. Toi, m’offrant sans mot dire cette fleur tombée d’un vase, alors même que tu ne savais pas –plus– qui j’étais, ni où nous étions, ni plus tout à fait qui tu étais toi-même.
Je t’avais offert ma main et mes mots. J’ai reçu ta reconnaissance et ta fragilité.

Tu seras là demain, toi dont je ne connais encore même pas le nom. 
En un instant tu me feras l’honneur et la confiance de me laisser entrer dans l’intimité la plus profonde de ton corps et de ta vie. 
J’espère que j’en serai digne.

Chacune de nos rencontre est si unique et incroyable, si intime et si triste, parfois.
Vos visages et vos noms s’effacent peu à peu. Je sais pourtant que je ne vous oublierai jamais tout à fait.
Et je veux vous dire merci.

Écrire

•3 octobre 2012 • Laisser un commentaire

Ecrire. Qu’est-ce, au juste ?
Ecrire.
Trouver les mots, les aligner. Les rendre amis, alliés, compagnons le temps d’un simple soupir. Les rendre vrais. Leur donner vie et leur ouvrir une existence.
Les chercher, toujours. Les espérer, souvent. Les balayer, parfois.
Les regarder en face pour connaître leur sens véritable. Pas juste celui qu’on a voulu leur donner. Non. Celui qu’on leur a donné sans y penser, leur sens véritable, profond, intime.
Chercher à comprendre. Analyser. Réfléchir.
Plonger. Dans la vie. Et dans notre âme.
Plonger vers l’inconnu. L’inconnu qui émerveille, qui fait sourire. L’inconnu qui fait peur, aussi. Qui fait tellement peur.
Juguler l’angoisse, trouver des mots à poser sur les maux, penser autrement pour panser les blessures. Ouvrir des possibles, dégager des chemins, offrir.
Offrir aux autres, peut-être. Mais offrir à soi, avant tout.
S’offrir un rêve et les clefs qui y mènent.

Bâtarde

•14 septembre 2012 • Laisser un commentaire

Une à une, il gravissait les marches. Ses pieds d’enfant, parés de leurs bottines de cuir habituelles, se posaient lestement sur la pierre sombre.

Chaque recoin du château lui était familier : il aurait pu retrouver, yeux clos, chaque éraillure de chacune des dalles de la grande salle, il savait où débutait et où s’achevait chacun des sombres tunnels parcourant les souterrains et avait jusqu’à la connaissance de la position et des habitudes de chaque garde en faction.

Castel Austère n’était pas seulement sa demeure, il était une extension de lui-même et il aurait sans nul doute pu affirmer sans mentir, pour peu que quelqu’un lui eut posé la question, qu’il le connaissait mieux que quiconque dans tout le royaume.

S’arrêtant inopinément, il releva la tête et la secoua pour dégager son visage des quelques mèches brunes qui le barraient, contemplant l’escalier qui se poursuivait – à l’infini semblait-il – au-dessus de lui. Étendant sa main gauche il caressa le mur, puis reprit son ascension vers son repaire favoris, qu’il ne tarda pas à atteindre. Nichée entre deux tours de colimaçon, une petite porte en bois sans prétention se cachait dans l’ombre et il eut été difficile de la remarquer sans avoir connaissance de son existence. Bâtarde – il se plaisait à nommer les choses – n’avait plus de poignée depuis longtemps mais, pour avoir passé des nuits entières à en étudier le mécanisme, l’ouvrir était devenu pour lui d’une étrange facilité.

Matelot

•28 janvier 2012 • Laisser un commentaire

C’était un p’tit marin le regard plein de vie
Un sourire sur les lèvres et le coeur plein d’envies
Embarquant ce matin pour un nouveau voyage
Heureux d’partir enfin pour d’autres paysages.

Accoudé sur le pont, il se laissait bercer
Donnait un coup de main quand il fallait aider
Et se jetait dans l’eau au moindre coup du sort,
Sauvant les malheureux passés par-dessus bord.

Notre petit matelot une nuit de grands vents
S’aperçut qu’approchait un terrible ouragan.
Plutôt que de s’enfuir et de sauver sa peau,
Il réveilla les autres, les mit dans le canot.

Quand soudain une bourrasque décrocha le radeau
Et le précipita sans prévenir dans l’eau.
Mais il n’avait pas peur, il nageait sans frémir :
L’un de ses compagnons viendrait le secourir.

Il attendit longtemps, longtemps il garda foi
En ses amis fidèles. Pas un ne se montra.
Alors il s’effraya mais il garda confiance
S’efforça de survivre, prit son mal en patience.

Soudain une main tendue, un espoir salvateur
Apparaît devant lui comme un ultime bonheur !
Mais c’était un mirage : d’avoir trop espéré
Bientôt il se noiera dans l’eau des oubliés.

Les Chemins de l’Espoir, tentatives – 1

•31 décembre 2011 • Laisser un commentaire

– Elya ! Sonne le tocsin !
Cette voix, je pourrais la reconnaître entre mille. Seule à travers le fracas des armes et des cris, je tente de la rejoindre. Mais ma force et ma vigueur ne sont plus ce qu’elles étaient, bien vite je me…
Néant.

Poussin ?

•27 août 2011 • Laisser un commentaire

A lire après celui-ci :
https://saraniel.wordpress.com/2010/04/20/poussin-2/

 

Vingt ans ont passé. Il paraît que j’ai bien changé. Grandi. Muri. Compris.

Que je me suis adapté.
Pourtant, si quelqu’un prenait le temps de regarder dans le fond de mes yeux, il m’y verrait toujours tel que je l’étais.
Un petit garçon perdu, plongé dans un monde qu’il ne comprenait pas et qui ne le comprenait pas. Un petit garçon rêvant de fusées et de navettes spatiales, d’aventures et de voyages.
J’ai grandi, c’est vrai. Mais je n’ai jamais cessé de me sentir différent. Ils n’ont jamais cessé de me voir différent.

Cette différence qui a rythmé tous mes espoirs et mes rêves. Mes doutes et mes cauchemars.
Cette différence qui m’a poussé à des années de travail acharné. Un travail qui a payé.

Car aujourd’hui me voilà aux commandes d’une fusée. Une vraie. Prête à décoller.

Pour eux je suis différent. Incapable de comprendre ou d’exprimer le moindre sentiment.
Je suis différent.
Différent.

Alors que fait cette larme sur ma joue ?

 
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